Résolvons la crise une fois pour toutes !

July 12, 2018 at 8:49 pm Leave a comment

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L’augmentation du prix des produits pétroliers en Haïti a suscité beaucoup d’actes de violence et a entrainé des pertes de vies humaines. Cette augmentation était une tentative maladroite du gouvernement de résoudre un sempiternel problème :  les dépenses de l’Etat Haïtien qui surpassent ses recettes. On ne s’était pas réveillé un beau matin le mois dernier et s’était retrouvé avec ce problème sur les bras. Il est chronique. A ne pas le tacler, les répercussions et augmentations ne seront pas seulement limitées à l’axe des produits pétroliers. Mesdames et messieurs Haïti encourt le risque de devenir un autre Venezuela avec une inflation rampante et incontrôlable et une monnaie encore plus dévalorisée. Imaginez que le taux d’aujourd’hui est de cent Gourdes pour un dollar et en moins d’un mois il en faudra cent vingt pour le même dollar avec la perspective que cette descente aux enfers est loin de s’arrêter…une dégringolade sans fin de la Gourde !

La situation décrite dans le précédent paragraphe se concrétisera dans l’absence de mesures d’austérité implémentées aussi vite que possible. Il est à craindre qu’avant trop longtemps la Banque Centrale (BRH) sera dépourvue de mécanismes pour ralentir la chute de la Gourde. Qui plus est, les derniers évènements ont exacerbé la situation en fragilisant d’avantage l’économie. Le bilan est lourd : les entreprises ont été pillées, des hôtels saccagés avec de touristes qui ne retourneront plus, des voitures des concessionnaires d’automobiles incendiées, la douane à Malpasse détruite, pour ne citer que cela. Il en résultera, au demeurant, une diminution substantielle des recettes du gouvernement qui promet d’assumer ses responsabilités auprès des entreprises durement touchées.

Quelle est donc la solution à ce problème ?

Vu la gravité de la situation toutes les démarches de solutions doivent être diamétralement opposées au cheminement qui a conduit au problème en premier lieu. Le vieil adage aux grands maux, les grands remèdes est d’application ici. Il est impérieux que les leaders politiques soient bien imprégnés de la notion de la criticité de l’heure et que leurs actions soient congruentes aux sacrifices qui sont nécessaires à redresser la barre. Les actions isolées telles que l’augmentation du prix du carburant ne suffiront pas. Il faut une approche globale où l’on appréhende tous les aspects du problème, dans sa totalité. Précisément, il y a deux inconnus dans cette équation. Il faut augmenter les recettes et en même temps contrôler les dépenses. Comment demander aux entrepreneurs, la bourgeoisie ou les membres de la Diaspora de payer plus de surcharges ou d’impôts à un gouvernement dont l’appétit pour les dépenses est gargantuesque ? Il semble qu’aucune augmentation de recettes ne sera suffisante à satisfaire la gourmandise de certains politiciens.

La proposition de la formation d’une commission composée des différents membres de la société est à soumettre. Cette commission sera constituée d’individus de divers secteurs de la population tels que le patronat, les syndicats, les paysans, les organisations féminines, les organisations religieuses et bien entendu la Diaspora. Ses membres seront des technocrates et non des politiciens. Son objectif sera de recommander une liste de mesures à prendre pour contrôler les dépenses et en même temps augmenter les recettes.  Le parlement sera l’autorité qui approuvera ces mesures.

La liste qui suit propose les mesures de contrôle des dépenses :

  • Réduction d’au moins cinquante pourcent (50%) des salaires des parlementaires et élimination de tous les frais. Il est à noter que la pour Croatie qui jouera la finale de la coupe du monde de Football le dimanche 15 juillet 2018 et qui a une économie six fois supérieure à la nôtre, la rémunération mensuelle du chef l’Etat ne dépasse pas $5,500. Nos sénateurs reçoivent un salaire mensuel de plus de $10,000, ce qui signifie qu’ils sont deux fois mieux rémunérés que le président d’une nation plus riche que nous.
  • Réduction importante des voyages non essentiels à l’extérieur (probablement 90% des voyages).
  • Réduction de l’effectif des fonctionnaires et des consultants de l’Etat. Il est un secret de polichinelle que les agences gouvernementales sont l’antre du népotisme et du copinage qui les engorgent d’employés fantômes d’amis, de parents, d’enfants et de concubines.
  • Toute nouvelle initiative (dépense) doit avoir zéro effet sur le déficit. Cela signifie qu’avant d’autoriser une nouvelle dépense, il faudra terminer un programme ayant un budget deux fois supérieur ou trouver une source de revenu pour subventionner le nouveau programme.

Pour ce qui est des recettes :

Il n’est pas nécessaire d’augmenter les impôts. Il vaut mieux mettre l’emphase sur leur collection. Pour cela, la recommandation de la nomination d’une compétence qui se penchera à fond sur la récupération de ce qui revient à l’État, qu’il s’agisse des frais de douane, des impôts ou d’autres obligations fiscales. L’une des difficultés à laquelle l’État est confronté est de s’assurer que les fonds collectés aboutissent dans ses caisses. Il faut dire aussi qu’il y a des impôts dont l’augmentation n’a aucun risque d’émeutes. Par exemple, même si on doublait le frais du visa d’entrée en le faisant passer à $20 U.S. la probabilité de perdre un seul touriste est presque nulle. On pourrait aussi exiger un frais de départ à tous les voyageurs, nationaux ou étrangers.

Il faut réitérer, pour finir, le fait que la violence n’est pas une solution aux problèmes. Il faut aussi dénoncer la démagogie irresponsable de ces soi-disant leaders qui incitent le peuple à la violence. Ils ne cherchent qu’à profiter de sa misère. Incendier un bâtiment public, semer la panique au sein de la population sont des actes criminels. Mais le peuple Haïtien est très pacifique. Ce peuple a été abusé, giflé, bafoué, maltraité et trahi par l’élite économique et politique pendant trop longtemps. En fait, vu la condition d’abjecte pauvreté de quatre-vingt pourcent (80%) de la population, on devrait s’attendre à des revendications violentes encore plus souvent. Ceci n’est pas un appel à la violence ni la préconisation des revendications avec des dommages physiques mais une simple observation des faits.  Nous ne pouvons pas tous prétendre comprendre ce que le peuple appelle mizè klowòks, certains ne l’ayant pas vécu. Il est difficile pour certains d’entre nous d’appréhender les affres du désespoir dans lequel se trouvent des parents qui n’ont rien donné à manger à leurs enfants pendant deux jours et qui ne savent pas si demain sera meilleur.  Ce serait une faute terrible, une méprise catastrophique que de penser que parce que nous avons des hôtels de luxe du type des Marriott, Best Western, El Rancho, Oasis ou des supermarchés modernes, la misère du peuple a diminué. En fait, la situation s’est empirée, car au cours de ces dernières années où l’on a assisté à la dévalorisation du la Gourde, le pouvoir d’achat du petit peuple en fit les frais et a considérablement baissé.

Une fois que la gourde continue dans un dévalement encore plus accéléré, la situation sociale sera explosive. Les évènements du week-end dernier sont comme la pluie qui précède un cyclone de la catégorie la plus élevée. L’urgence est donc d’exhorter tous les leaders des organisations sociales à assumer leurs responsabilités. Ce serait irréfléchi et inconscient de la part d’un leader de rester passif face à une situation aussi dangereuse.

Aux membres du patronat, vous avez été utilisé comme bouc émissaire, prétexte facile par certains politiciens opportunistes et de mauvaise foi pour soulever contre vous le peuple au lieu d’être félicités pour le courage d’avoir investi en Haïti (où l’incertain règne) plutôt qu’ailleurs où votre investissement serait plus en sécurité. Tenez bon ! Ce n’est pas le moment d’abandonner le navire. Vous devez faire partie de la solution.

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